:: Le papillon ::

Je ne suis pas une taupe
Je ne suis pas un canard
Je pleure comme un crocodile
Je n’aime pas rester dans le noir

J’aime parfois la solitude
Je déteste le temps qui passe
Je suis un peu volubile
Mais fidèle pour ma race

Mes belles couleurs font mouche
Surtout lorsque je les déploie
Pour une petite escarmouche
Sans aucun émoi

Je séduis comme je respire
Je m’pose par ci et par là
J’m’ fous de c’qu’on pense de moi
Le pire est à venir

Et je croise sur ma route
La plupart des mes complices
Ceux qu’aussi la vie déroute
Ils sont un peu fatalistes

Ils ont choisi comme moi
De ne suivre qu’une seule voie
Celle des plaisirs et des vices
Avec eux je suis actrice

Je m’endors dans ces bras-là
Je m’réveille dans ceux-là
Je d’viens c’que je ne suis pas
Gaie et légère à la fois

Je goûte à toutes les saveurs
Je cueille toutes les fleurs
Je m’ balade de feuille en feuille
Bonjour monsieur l’écureuil ! 

Refrain
Ca me glace, des fois, ça me glace d’effroi…
Et je me dis, tout bas : la vie est une brindille
avec laquelle, je me noie,
Une grande herbe folle, que je n’apprivoise pas

Monsieur l’écureuil se cache
Il ne joue pas avec moi
Comment me résiste-t-il
Quel affront, me faire ça à moi ! moi, moi, moi, moi, moi…

Je m’arrête une seconde
Il m’avoue rouge comme un coq
Que depuis plus de trois mois
Il avait des vues sur moi

Je n’comprends pas tout de suite
Je commence à ralentir
Je me mets à réfléchir
Mais qu’est ce qui m’fait celui là 

Je n’suis pas une femme pour toi
Je ne suis qu’un papillon
Qui va perdre son éclat
Juste dans quelques saisons

Refrain
Ca me glace, des fois, ça me glace d’effroi…
Et je me dis, tout bas : la vie est une brindille  avec laquelle, je me noie,
Une grande herbe folle, que je n’apprivoise pas

C’est pas grave qu’il me dit
J’ai fait mes réserves pour toi
A quoi bon t’faire du mouron 
Tu sais que je suis comme toi.

Tous les deux nous partirons
Pourquoi t’refuser à moi
Vivre avec un papillon
Ce n’est pas si fou que ça

J’ai dis oui puis j’ai dis non
Je l’ai écouté tout bas
Me susurrer des douceurs
Et il m’a fendu le coeur

J’veux r’devenir une chenille,
Dormir dans ma chrysalide
Sans personne à qui parler
Sans personne contre moi

Ca me glace, des fois, ça me glace d’effroi…
Et je me dis, tout bas : la vie est une folie
Mais à laquelle je crois,
Alors j’ m’envole très loin, sans regarder en bas

Ca me glace, des fois, ça me glace d’effroi…
Et je me dis, tout bas : la vie est une folie
Mais à laquelle je crois,
Alors j’ m’envole très loin, sans regarder en bas



Texte
: Angela Portella
Musique : Olivier Slabiak